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SOS Océan

SOS Océan

SOS Océan : Macron s’apprête à dévoiler ses ambitions pour l’Océan

Lecture Blueboard sous l'angle du Conseil d'administration - 01/04/2025

Analyse détaillée sous l’angle de la gouvernance d’entreprise et des thématiques associées

Gouvernance d’entreprise et rôle du conseil d’administration

• Vision stratégique et alignement avec les enjeux océaniques : L’article illustre l’importance de prendre en compte la protection des océans et la durabilité marine dans la stratégie globale des organisations. Les conseils d’administration (CA) ont la responsabilité de veiller à ce que l’entreprise définisse et mette en œuvre des orientations en phase avec ces objectifs planétaires. Dans un contexte où l’État français, des ONG et des acteurs influents (Harrison Ford, Al Gore, etc.) se mobilisent pour la préservation de l’océan, les CA se doivent d’anticiper comment les réglementations, les initiatives internationales (notamment celles de l’ONU) et les attentes sociétales vont impacter l’activité de l’entreprise.

• Responsabilité fiduciaire et prise de décision : Les administrateurs ont pour rôle de protéger à la fois les intérêts de l’entreprise et ceux de ses parties prenantes. La défense des océans, en tant que bien commun et “poumon bleu de la planète”, devient un sujet stratégique que le CA doit considérer dans ses arbitrages. Cela implique notamment de valider ou de réorienter des décisions d’investissement, des partenariats stratégiques ou des politiques d’approvisionnement prenant en compte la préservation de la biodiversité marine.

• Risques juridiques et réputationnels : Alors que se profile un “moratoire” potentiellement à l’échelle internationale sur l’exploitation minière des fonds marins, et que de nouvelles législations (Traité sur la haute mer, réglementations européennes, etc.) se mettent en place, les CA doivent évaluer les risques réglementaires et de réputation pour éviter des conflits avec les normes émergentes. Les entreprises opérant dans des secteurs très exposés (pêche, transport maritime, ressources offshore, etc.) doivent être particulièrement vigilantes.

Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et durabilité

• Intégration des enjeux climatiques et marins : Le sommet à Nice se voulant un “nouvel accord de Paris pour les océans”, les entreprises sont de plus en plus invitées à intégrer ces problématiques dans leurs rapports RSE et leurs politiques environnementales. La protection de la biodiversité marine, la limitation de leur impact en termes de rejets polluants (plastiques, substances chimiques) et la réduction de leur empreinte carbone sont des axes d’action clés.

• Collaboration avec les parties prenantes : L’article mentionne la coopération scientifique, qui prend la forme, par exemple, d’un Giec de l’Océan. Les entreprises peuvent s’appuyer sur ces nouvelles plateformes de recherche pour renforcer la crédibilité et la robustesse de leurs engagements RSE. Elles sont encouragées à collaborer avec des ONG, des scientifiques et des institutions internationales pour concevoir des programmes concrets de protection des écosystèmes marins.

• Création de valeur partagée : Les responsables RSE doivent valoriser l’initiative “SOS Océan”, mais aussi intégrer une logique de création de valeur pour toutes les parties prenantes : préserver l’océan revient in fine à protéger les chaînes de valeur et l’accès aux ressources (pêche, transport, tourisme, etc.). Cette approche durable se révèle être un facteur de compétitivité de long terme pour l’entreprise.

Stratégie d’entreprise et alignement avec les objectifs internationaux

• Anticiper les règlements et les accords multilatéraux : Le Traité sur la haute mer exige la ratification d’au moins 60 pays pour entrer en vigueur. Une fois effectif, il pourrait imposer des contraintes supplémentaires en matière de gouvernance maritime, de partage des ressources ou de protection de la biodiversité. Les entreprises doivent donc adapter leurs objectifs stratégiques à ces futures obligations légales afin d’éviter toute mise en conformité tardive et les sanctions associées.

• Opportunités d’innovation et diversification : Les tensions autour de l’exploitation des fonds marins incitent les entreprises à investir dans de nouvelles technologies, par exemple de monitoring écologique, de réduction de l’impact de la pêche ou d’énergies marines renouvelables. À moyen et long terme, une stratégie d’entreprise résiliente intègre également le développement de solutions innovantes (matériaux alternatifs, économie circulaire du plastique, etc.) pour accompagner la transition environnementale.

Régulation, audit et transparence (ESG, CSRD, etc.)

• Cadres réglementaires et reporting ESG/CSRD : La mise en place du nouveau cadre de la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) dans l’Union européenne va obliger un nombre croissant d’entreprises à publier des informations plus détaillées sur leurs impacts environnementaux, y compris sur les écosystèmes marins. Dans ce contexte, la question des indicateurs pertinents (empreinte carbone maritime, impact sur la biodiversité côtière, utilisation de substances polluantes) devient majeure.

• Rôle des audits internes et externes : Les auditeurs, qu’ils soient internes ou externes, doivent intégrer l’évaluation des risques environnementaux liés aux océans dans la cartographie des risques entreprise. Des audits spécifiques sur la conformité, la traçabilité de la chaîne d’approvisionnement (pêche, matières premières maritimes) et la gestion des déchets seront cruciaux pour assurer la transparence envers les investisseurs et les consommateurs.

• Transparence et engagement envers les parties prenantes : Dans un contexte où la société civile semble très mobilisée (cf. manifeste des ONG, personnalités engagées), la communication de l’entreprise sur ses efforts en matière de protection des océans doit être vérifiable et crédible, sous peine d’accusations de greenwashing. Fournir des rapports de progrès (ou “progress reports”) basés sur des critères reconnus (GRI, SASB, TCFD, etc.) est un gage de bonne foi et de bonne gouvernance.

Éthique, conformité, empreinte carbone et autres domaines connexes

• Éthique et devoir de vigilance : Les activités susceptibles d’endommager la biodiversité marine imposent aux entreprises un devoir de vigilance accru, soutenu par la loi française et par le concept en expansion de “devoir de vigilance” au sein de l’UE. Ce devoir comprend l’identification, la prévention et la mitigation des risques environnements au sein des chaînes d’approvisionnement.

• Empreinte carbone et protection des données : Même si l’article ne mentionne pas directement la cybersécurité ou la protection des données, ces enjeux font partie intégrante de la gestion d’entreprise moderne. Dans le cadre de la protection des océans, le développement d’outils digitaux (capteurs, satellites, analyses de données pour le suivi des stocks de poissons ou de la pollution) peut générer des quantités massives de données sensibles (localisation, propriété intellectuelle, etc.). – Les entreprises doivent donc gérer correctement ces données maritimes afin de respecter les réglementations relatives à la cybersécurité et à la protection des données (RGPD, normes ISO). – Sur la partie empreinte carbone, les entreprises ont tout intérêt à privilégier la réduction de leurs émissions liées au transport maritime, au choix de combustibles plus propres (GNL, carburants faibles en soufre, énergies renouvelables), ou encore à l’optimisation de la logistique.

Conclusion et perspectives

La future conférence des Nations Unies sur l’océan (Unoc), programmée à Nice, marque une étape importante dans la prise de conscience collective de l’importance des écosystèmes marins. Les entreprises et leurs conseils d’administration doivent d’ores et déjà se préparer à un contexte réglementaire et sociétal de plus en plus exigeant. Cela passe par :

• Une actualisation de la stratégie et de la gouvernance d’entreprise intégrant le respect des écosystèmes océaniques. • Une attention particulière à la RSE et aux cadres de reporting (ESG, CSRD) pour démontrer la transparence et l’efficacité des actions engagées. • Une démarche proactive de compliance et d’éthique (audit interne, cartographie des risques, mécanismes de contrôle et vérification). • La promotion d’innovations qui protégeront l’océan tout en assurant la pérennité des activités économiques.

La mobilisation d’acteurs influents, la collaboration scientifique internationale (Giec de l’Océan) et l’impulsion politique, notamment via le Traité sur la haute mer, doivent être considérées comme de véritables opportunités pour les entreprises de renforcer leur résilience et leur compétitivité tout en assumant leurs responsabilités envers la planète.

Article original

À deux mois du lancement de la troisième conférence des Nations Unies sur l’océan, qui se tiendra début juin à Nice, le gouvernement français lance SOS Océan, un événement pour interpeller les dirigeants du monde entier à défendre le poumon bleu de la planète. Lecture en 3 min. Harrison Ford, Albert de Monaco ou encore Al Gore… rien que du beau monde pour défendre ce week-end à Paris l’avenir des océans. Ces dimanche et lundi 29 et 30 mars, la capitale va se parer de bleu, avec SOS Océan, sorte de préambule à la grande conférence des Nations Unies sur l’Océan (Unoc) qui se tiendra du 9 au 13 juin à Nice. Organisé aux musées de l’Homme et de la Marine à Paris, en partenariat avec la fondation Oceano Azul, l’événement rassemblera une cinquantaine de personnalités engagées, parmi lesquelles quelques stars donc, mais aussi des professionnels de la marine, des scientifiques, des économistes ou encore des chefs d’entreprises. « A deux mois du démarrage de la conférence de Nice, l’idée est de mobiliser et d’interpeller les dirigeants internationaux sur les grands enjeux de l’océan : sa protection, mais aussi sa gouvernance et son économie, explique Olivier Poivre d’Arvor, envoyé spécial de la France pour l’Unoc. Si les océans étaient un pays, ils seraient la 5e économie de la planète… ». Représentant 71 % de la surface terrestre, produisant la moitié de l’oxygène que nous respirons, et assurant l’alimentation de 3 milliards d’humains, les océans constituent également le plus grand puits de carbone de la planète (ils captent et stockent près de 30 % du CO2 que les humains émettent), et son plus grand réservoir de biodiversité (les scientifiques estiment qu’on ne connaît que 10 % de la biodiversité marine). Autant de rôles mis à mal par la surpêche, les pollutions et le réchauffement climatique... Après avoir baptisé 2025 « année de la mer », le président de la République espère faire de ce sommet un nouvel accord de Paris pour les océans. À Nice, il espère notamment obtenir l’entrée en vigueur du Traité sur la haute mer, qui vise à renforcer la protection de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des juridictions nationales et à mieux partager les ressources entre les pays. Adopté en mars 2023, après 20 ans de pourparlers, ce traité juridiquement contraignant doit avoir été ratifié par 60 pays pour entrer en vigueur. Or pour le moment, il ne l’a été officiellement que par 21 pays. « Nous espérons que la soixantième ratification sera signée avant ou pendant l’Unoc, explique Olivier Poivre d’Arvor. Ce n’est qu’à partir cette ratification qu’on pourra lancer la première COP 1 de l’Océan ». La question de l’exploitation des fonds marins sera un autre des grands enjeux du sommet de juin. En 2022, Emmanuel Macron avait été le premier chef d’État à se prononcer contre l’exploitation minière sous-marine, contre l’avis de certains pays. Il espère aujourd’hui créer une coalition d’États pour obtenir un moratoire sur cette exploitation. Lundi, un rapport scientifique sur le sujet doit d’ailleurs être remis au président de la République, qui devrait asseoir la position de la France sur le sujet. La coopération scientifique internationale sera elle aussi au menu des discussions de juin. Selon plusieurs informations concordantes, la France porte l’ambition d’annoncer à l’occasion du sommet de Nice la création d’une sorte de Giec de l’Océan. Un premier baromètre de l’état de santé des océans pourrait être publié dès le 8 juin. Malgré la nécessité de plus en plus pressente d’arriver à se coordonner, le contexte géopolitique apparaît peu propice à de grands engagements environnementaux : ces derniers mois, en plus du retrait des États-Unis des accords de Paris pour le climat, les dernières conférences des Nations Unies dédiées à l’environnement (COP climat, biodiversité et désert et négociations internationales sur le plastique), se sont toutes soldées par des échecs plus ou moins manifestes. En s’appuyant sur la société civile, la France espère faire résonner plus fort ses ambitions. Ce lundi 30 mars, un manifeste signé par des centaines d’organisations et de personnalités -dont les acteurs Harrison Ford et Leonardo di Caprio- devrait être envoyé à « ceux qui décident et qui agiront pour l’Unoc ». Plusieurs ONG ont également prévu de se mobiliser à cette occasion, notamment pour réclamer l’interdiction totale de la pêche au chalutage dans les aires protégées (AMP), alors même que la France a récemment annoncé préféré une interdiction «au cas par cas». Selon une étude, la France se targue de protéger près de 34% de ses espaces maritimes mais seuls 1,6% bénéficient d’une protection stricte.

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