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Blog · Conseil d'administration

Polémiques sur les rémunérations de dirigeants

Polémiques sur les rémunérations de dirigeants

Analyse spéciale BlueBoard sous l'angle du Conseil d'administration - 27/05/2024

L'analyse ci-dessous s'appuie sur l'article mentionné et se concentre sur les aspects de gouvernance d'entreprise, de conseil d'administration, de responsabilité sociale des entreprises (RSE), de durabilité, et de stratégie d'entreprise:

  1. Gouvernance d'entreprise: L'article souligne un problème de gouvernance significatif lié à la rémunération des dirigeants. Les augmentations substantielles de rémunérations proposées, en particulier celle de Carlos Tavares, PDG de Stellantis, suggèrent un alignement potentiellement faible entre les intérêts des dirigeants et ceux des autres parties prenantes, dont les actionnaires et les salariés.
  2. Conseil d'administration: Le rôle du conseil d'administration est mis en lumière concernant l'approbation des rémunérations des dirigeants. Le conseil doit équilibrer les intérêts des diverses parties prenantes et justifier les motifs d'une rémunération élevée, mais la controverse indique un potentiel déséquilibre et un besoin de réexaminer ses critères d’évaluation de la performance des dirigeants.
  3. Responsabilité sociale des entreprises (RSE): La dimension sociale de la RSE est questionnée ici. Les rémunérations élevées des dirigeants peuvent impacter négativement la perception externe de l'entreprise et sa réputation, particulièrement lorsque des inégalités significatives de revenus sont observées au sein de l'entreprise.
  4. Stratégie d'entreprise: La fixation des rémunérations à des niveaux très élevés peut refléter une stratégie d'entreprise visant à attirer et retenir des talents de haut niveau. Toutefois, cela pourrait aussi signaler un manque de considération pour une croissance à long terme équilibrée et durable si ces rémunérations ne sont pas clairement liées à la performance de l'entreprise.
  5. Durabilité: En termes de durabilité d’entreprise, une gouvernance centrée sur la maximisation des rémunérations des dirigeants sans considération suffisante pour les conséquences environnementales et sociales peut entraver le progrès vers des objectifs de développement durable.
  6. Vote des actionnaires: La loi Sapin II, qui oblige le vote contraignant des actionnaires sur les rémunérations, illustre une tendance vers plus de démocratisation et de transparence dans les décisions de gouvernance d'entreprise. Cela permet aux actionnaires de jouer un rôle plus actif dans la détermination des pratiques de rémunération justes.
  7. Perception publique et réputations: Les réactions négatives, y compris celles de figures politiques comme Emmanuel Macron et Bruno Le Maire, montrent que la gestion des rémunérations exécutives est également un problème de perception publique. Les entreprises doivent considérer ces perceptions dans leurs décisions stratégiques pour éviter de nuire à leur réputation.
  8. Relation avec le marché: L'approche des rémunérations élevées peut également avoir un impact sur la relation de l'entreprise avec le marché, particulièrement si les investisseurs estiment que ces pratiques sont symptomatiques de problèmes plus profonds au sein du conseil d'administration ou de la gouvernance.
  9. Ethique d'entreprise: Il est essentiel que les entreprises maintiennent une éthique élevée dans toutes leurs pratiques, y compris la rémunération des dirigeants. Des rémunérations disproportionnées peuvent éroder la confiance en l'intégrité de la gestion de l'entreprise.
  10. Évaluation des performances: Il est crucial que le conseil d'administration établisse des critères clairs et transparents pour l'évaluation des performances des dirigeants, garantissant ainsi que les packages de rémunération sont mérités et reliés aux performances réelles de l'entreprise et à la création de valeur à long terme.

Chacun de ces points devrait être pris en compte dans l'évaluation globale des pratiques de gouvernance et de rémunération d'une entreprise, poussant vers une gestion plus équilibrée et justifiée conformément aux attentes des différentes parties prenantes.

Article original

Plusieurs agences de conseil aux investisseurs recommandent aux actionnaires de Stellantis de voter contre la rémunération du directeur général du groupe automobile, Carlos Tavares, lors de l’assemblée générale prévue le 16 avril. Le salaire des grands patrons fait régulièrement l’objet de polémiques en France. Lecture en 3 min. L’agence américaine de conseil aux investisseurs Glass Lewis a recommandé aux actionnaires de Stellantis de voter « contre » la rémunération du directeur général du groupe automobile, Carlos Tavares, qui pourrait atteindre jusqu’à 36,5 millions d’euros pour l’année 2023. L’assemblée générale de Stellantis est prévue le 16 avril. « Glass Lewis émet de sérieuses réserves quant à la recommandation faite aux actionnaires de soutenir le rapport sur les rémunérations à ce stade », souligne l’agence dans une note dévoilée samedi 6 avril par Le Monde. Cette analyse rejoint celle de deux autres grandes agences de conseil, Proxinvest et ISS, citées par le quotidien, sur un sujet qui fait régulièrement polémique en France. Se classant parmi les patrons les mieux payés du CAC 40, Carlos Tavares a été plusieurs fois au cœur de controverses concernant sa rémunération. En 2022, Emmanuel Macron avait jugé « choquant et excessif » le montant « astronomique » de sa rétribution, validée par les actionnaires lors d’un vote consultatif, pour un montant pouvant atteindre 23,5 millions d’euros. Alors ministre de l’économie, Emmanuel Macron s’était aussi ému en 2016 de la rémunération de Carlos Tavares, estimant qu’il avait « tort de faire abstraction de la sensibilité des Français sur ce sujet ». Le salaire de celui qui était à l’époque président du directoire de PSA avait été presque doublé pour atteindre 5,24 millions d’euros. Cette hausse avait provoqué un tollé parmi les syndicats. Patrick Pouyanné, patron du groupe TotalEnergies, est un autre habitué des polémiques sur son salaire. En 2022, il avait déclaré dans un tweet qu’il était « fatigué de l’accusation » de s’être « augmenté de 52 % », démentant ce chiffre tout en indiquant qu’il avait été payé 5 944 129 € en 2021, contre 3 918 263 € en 2020. Ce message avait suscité des moqueries. Le député LFI François Rufin avait par exemple laissé le commentaire suivant : « Cher Patrick Pouyanné, tout mon soutien à vous qui, en 2020, avez dû survivre avec 3 918 263 €. Soit 2 545 smic. Si peu quand on réussit l’exploit de ne payer aucun impôt sur les sociétés en France. La justice fut rétablie dès 2021. 5 944. 29 €, le minimum pour une existence digne. » Le débat a rebondi en mars 2023, quand le conseil d’administration de l’entreprise a proposé une augmentation de 10 % de la rémunération du PDG, qui pourrait atteindre les 10,8 millions d’euros annuels en ajoutant parties fixes et variables « C’est un salaire très élevé mais moins élevé que celui de certains patrons en France et bien inférieur à celui de mes pairs dans l’industrie pétrolière », avait répondu l’intéressé dans la revue Challenge. En 2018, alors qu’Air France venait d’être secouée par une grève pour revaloriser les salaires des employés, le montant de la rémunération de Benjamin Smith, nouveau directeur général canadien de la compagnie aérienne, avait provoqué l’indignation de syndicats. Le conseil d’administration de l’entreprise avait en effet accepté de tripler cette rémunération par rapport à celle de son prédécesseur, la faisant grimper à 3,3 millions d’euros. Le député UDI Bertrand Pancher avait alors jugé ce montant « déplorable pour l’image de la compagnie auprès de ses salariés et des Français en général ». Ancien PDG de Carrefour, Georges Plassat était quant à lui parti à la retraite en 2017 avec un chèque de 13,7 millions d’euros. Une somme jugée « choquante » par Bruno Le Maire, ministre de l’économie. « Comment est-il possible “face au plan social en cours” de justifier d’un parachute doré et d’une rémunération variable de ce niveau ? », avaient demandé de leur côté la CFDT et l’Arasc (l’association pour la représentation des actionnaires et salariés Carrefour). Georges Plassat avait finalement renoncé l’année suivante à une partie de ses indemnités, soit 3,9 millions d’euros. En 2016, Carlos Ghosn s’était vu attribuer un salaire de 7,2 millions d’euros en tant que PDG de Renault, auxquels s’ajoutaient les 8 millions offerts pour sa même fonction à la tête de Nissan. Or, les actionnaires, y compris les représentants de l’État, avaient alors majoritairement voté (à 54 %) contre ce montant. Mais le conseil d’administration avait passé outre ce vote, et le débat était devenu politique. Emmanuel Macron, ministre de l’économie, avait menacé de « légiférer ». À défaut de plafonnement des salaires, la loi Sapin II a rendu contraignante la prise en compte du vote des actionnaires sur les rémunérations versées aux dirigeants.

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