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Blog · Conseil d'administration

Ehpad : Orpea renouvelle son conseil d’administration

Ehpad : Orpea renouvelle son conseil d’administration

Analyse spéciale BlueBoard sous l'angle du Conseil d'administration - 27/05/2024

Analyse détaillée sous plusieurs angles

Gouvernance d'entreprise

La prise de contrôle d'Orpea par la Caisse des dépôts et des assureurs marque un tournant significatif en termes de gouvernance d'entreprise. La Caisse des dépôts, en devenant le premier actionnaire avec 22,4% du capital, impose une nouvelle structure de gouvernance plus solide et transparente pour restaurer la confiance des investisseurs et des parties prenantes. Le renouvellement probable du conseil d'administration vise à inclure des membres ayant une expertise en gestion des risques et en conformité réglementaire pour éviter la répétition des mauvaises pratiques passées.

Conseil d'administration

Le conseil d'administration d'Orpea sera probablement réévalué et restructuré pour intégrer des compétences diversifiées et renforcer la surveillance et la diligence. La nouvelle gouvernance devra s'assurer que les décisions stratégiques sont en adéquation avec les attentes éthiques et de durabilité du secteur des Ehpad. La présence de la Caisse des dépôts devrait également faciliter l'adoption de meilleures pratiques de gestion et d'une culture d'entreprise plus responsable.

Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE)

Le scandale qui a frappé Orpea met en lumière l'importance cruciale de la RSE. Orpea devra impérativement redéfinir ses priorités RSE pour regagner la confiance du public et des familles des résidents. L’augmentation des effectifs de 10% et l'amélioration des conditions de travail sont des premiers pas prometteurs, mais il faudra également mettre en place des audits réguliers et transparents pour prouver que les engagements sont respectés. Des mesures pourraient inclure des formations renforcées pour le personnel, une meilleure communication avec les familles et des partenariats avec des ONG pour garantir une surveillance continue.

Durabilité

La durabilité dans le secteur des Ehpad dépasse la simple gestion environnementale et inclut des pratiques éthiques et sociales. Orpea devra s'engager dans une démarche de durabilité à long terme en se concentrant sur le bien-être des résidents et des employés. Cette orientation pourrait également inclure des investissements dans des infrastructures éco-responsables et la mise en œuvre de pratiques médicales et de soins alignées sur les normes les plus élevées.

Stratégie d'entreprise

La stratégie d'Orpea devra être redéfinie pour se concentrer davantage sur la qualité des soins et moins sur la maximisation des profits à court terme. Le fait que les nouveaux actionnaires renoncent aux dividendes à court terme et s'engagent sur le long terme est un signal fort de cette nouvelle orientation stratégique. Orpea pourrait également envisager de diversifier son portefeuille de services pour inclure des soins à domicile et des services intégrés de santé, afin de répondre à une demande croissante pour des solutions de soins plus flexibles et personnalisées.

Impact sur les concurrents

Le scandale n'a pas seulement affecté Orpea, mais aussi ses concurrents comme le groupe Korian, qui a également dû recourir à un plan de refinancement. Cela montre à quel point les pratiques de gestion et les structures de gouvernance doivent être robustes dans ce secteur en particulier. Les concurrents d'Orpea devront eux aussi renforcer leur gouvernance et leur approche RSE pour éviter de subir les mêmes conséquences désastreuses.

Conclusion

En somme, la prise de contrôle d'Orpea par la Caisse des dépôts et des assureurs représente une opportunité de refondre en profondeur la gouvernance, la stratégie et les pratiques de l'entreprise. L'engagement sur le long terme et la priorisation de la responsabilité sociale et de la durabilité sont des éléments clés pour restaurer la confiance et garantir un avenir plus stable et éthique pour l'entreprise. La transparence, la diligence et une culture d'entreprise orientée vers le bien-être des résidents et des employés seront essentielles pour le redressement d'Orpea et la prévention de futurs scandales.

Article original

La Caisse des dépôts, accompagnée d’assureurs, a pris le contrôle mardi 19 décembre de l’ex-numéro un mondial des Ehpad, ébranlé par des révélations sur ses modes de gestion. Pascal Demurger, directeur général de la Maif, nouvel actionnaire d’Orpea, évoque l’avenir du groupe. Lecture en 3 min. Nouvel épisode dans la refondation d’Orpea, un peu plus d’un an après une crise gravissime qui a failli emporter l’ex-numéro un mondial des Ehpad (établissements d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes). L’assemblée générale des actionnaires va entériner vendredi 22 décembre la nouvelle composition de son conseil d’administration suite à sa prise de contrôle officielle, mardi 19 décembre, par les Groupement, des investisseurs français à dominante publique. Après une nouvelle augmentation du capital de 1,16 milliard d’euros, le Groupement, qui regroupe la Caisse des dépôts, la CNP et les assureurs mutualistes Maif et MACSF, détient désormais 50,2 % du capital d’Orpea. Le long chemin de croix fait à la suite de la publication du livre enquête LesFossoyeurs en janvier 2022, qui a connu un succès retentissant. Le journaliste Victor Castanet y raconte les maltraitances sur les résidents, le manque de personnel soignant et la recherche effrénée d’une maximisation des profits… Des révélations qui ont plongé Orpea dans la tourmente. Quelques jours plus tard, son directeur général Yves Le Masne avait été limogé. Des enquêtes, administrative et judiciaire, ont été ouvertes, et le groupe a été sommé par l’État de rembourser 55,8 millions d’euros à la Caisse de solidarité pour l’autonomie (CNSA) provenant de financements indûment perçus. Résultat, son cours de Bourse a chuté de 90 % en 2022. Pour pallier cette crise, un plan de restructuration financière a vu le jour, prévoyant notamment de transformer en actions 3,8 milliards d’euros de dettes – sur plus de 9 milliards. Le 1er février 2023, la Caisse des dépôts a annoncé être devenue le premier actionnaire d’Orpea. Une décision symbolique pour le bras financier de l’État, qui l’a ainsi sauvé de la faillite. « Si la Caisse des dépôts tient ses engagements, cela peut être un tournant pour Orpea, estimait Victor Castanet dans un entretien accordé à La Croix. Je ne dis pas que tout va changer, mais les annonces devraient avoir des conséquences sur le terrain et les conditions des soignants. » Un premier bilan a été dressé par Orpea en décembre. Le communiqué souligne que « depuis un an, l’entreprise s’est engagée sans relâche pour améliorer les conditions de travail de ses équipes et viser l’excellence du soin et de l’accompagnement de ses résidents, de ses patients et de ses bénéficiaires ». Il note en particulier que « le taux d’encadrement (des résidents) a augmenté de 10 % dans les établissements, tandis que le trio managérial composé du directeur d’établissement, du médecin coordonnateur et du cadre de santé a été valorisé. ». « Le taux d’encadrement est à à-peu-près de 8 soignants pour 10 patients, ce qui est bien, complète Pascal Demurger, directeur général de la Maif. Mais il y a une baisse du taux d’occupation, elle est autour de 85 %, ce qui est insuffisant. » Celui qui raconte avoir été « profondément choqué » par Les Fossoyeurs s’est dit que la Maif « avait sans doute vocation à aider au sauvetage d’Orpea ». L’assureur – qui aura deux administrateurs sur treize au nouveau conseil d’administration – a investi « 400 millions d’euros » au capital. Depuis le 6 décembre, il est actionnaire d’Orpea à hauteur de 14,81 %, aux côtés de la Caisse des dépôts à 22,41 %, de MACSF Epargne Retraite à 7,41 % et de CNP Assurances à 5,56 %. Des investissements réalisés au long terme, avec l’objectif de « redonner de la dignité aux résidents et de la fierté aux salariés », abonde-t-il. « Nous renonçons au versement de dividendes des premières années et nous n’envisageons pas de sortir d’Orpea avant au minimum une période de 7-8 ans », assure Pascal Demurger. Selon lui, une politique de cessation d’actifs et de repli géographique des activités devrait permettre de diminuer la dette de l’entreprise – qui représente encore « 4,5 milliards d’euros ». « Je suis optimiste pour Orpea, un peu moins pour le secteur », conclut le patron de la Maif. Le scandale a durement touché les acteurs de l’accompagnement des personnes âgées, alors que la population française est vieillissante – les personnes âgées de 75 à 84 ans devraient augmenter de 50 % d’ici à 2030. Le 14 novembre, Clariane, concurrent majeur d’Orpea, a dû lancer un plan de refinancement de 1,5 milliard d’euros, sous peine d’un défaut de paiement.

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