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Avenir incertain pour les salariés d'Ascometal malgré des offres

Analyse spéciale BlueBoard sous l'angle du Conseil d'administration - 29/05/2024
L'article fournit un aperçu détaillé de la situation actuelle d'Ascometal France, un groupe sidérurgique spécialisé, sous l'angle d'une procédure de redressement judiciaire et des différentes offres de reprise qui en découlent. Une analyse détaillée peut être réalisée en examinant plusieurs aspects de gouvernance d'entreprise, le rôle du conseil d'administration, la responsabilité sociale des entreprises (RSE), la durabilité et la stratégie d'entreprise. Voici une analyse approfondie de ces thématiques :
Gouvernance d'Entreprise
1. Faillite et Gestion de la Crise : La mise en redressement judiciaire par Ascometal pour la troisième fois en une décennie indique des faiblesses chroniques dans la gouvernance d'entreprise. Cela soulève des questions sur l'efficacité de la gestion des risques, la planification stratégique et la supervision par le conseil d'administration. Le conseil aurait dû mettre en place des mesures robustes pour éviter de retomber dans une telle situation.
Conseil d'Administration
2. Rôle du Conseil d'Administration : Le rôle du conseil d'administration est crucial dans ces situations de crise. Il doit évaluer les offres de reprise non seulement sur des critères financiers mais aussi en tenant compte des impacts à long terme sur les employés et les communautés locales. Les administrateurs doivent faire preuve de diligence et de transparence tout en explorant toutes les options possibles pour maximiser la valeur pour les actionnaires et les autres parties prenantes.
Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE)
3. Impacts sur les Employés : Des décisions concernant la reprise doivent prendre en compte les implications sociales et économiques pour les employés. Le soutien de la CGT et la proposition de reprise par les salariés pour le site de Fos-sur-Mer illustrent l'importance d'intégrer les perspectives des travailleurs dans les décisions de gouvernance.
4. Engagement Communautaire : La fermeture potentielle ou la réduction d'activités sur les sites d'Ascometal affecterait les communautés locales en termes d'emplois et d'activité économique. Ainsi, le conseil doit évaluer les offres en tenant compte de la durabilité sociale, ce qui inclut le maintien des emplois et le soutien aux communautés locales.
Durabilité
5. Environnement et Durabilité : La reprise par différents acteurs comme Acciaierie Venete, Marcegaglia et Sidenor pourrait entraîner des changements significatifs dans les pratiques de production. Le conseil doit s'assurer que les futurs repreneurs respectent des normes strictes en matière de durabilité environnementale, par exemple, en adoptant des technologies moins polluantes et en réduisant les émissions de carbone.
Stratégie d'Entreprise
6. Alignement Stratégique : La fragmentation des offres de reprise (différents sites repris par différentes entreprises) peut poser des défis en termes de cohérence stratégique. Le conseil doit évaluer si cette fragmentation permettra de maintenir une stratégie cohérente pour la production d'aciers spécialisés pour l'automobile ou si cela affaiblira la position concurrentielle d'Ascometal sur le marché.
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7. Intégration Post-Reprise : Le conseil doit élaborer une stratégie pour l'intégration post-reprise, en particulier si les sites sont repris par des entreprises différentes. Cela inclut la gestion des opérations, la culture d'entreprise et la communication pour assurer une transition en douceur.
8. Recherche et Développement (R&D) : Étant donné que le centre de recherche fait partie de l'offre de reprise par Acciaierie Venete, le conseil doit s’assurer que le repreneur poursuivra les investissements dans la R&D pour maintenir l'innovation et la compétitivité à long terme.
Conclusion
En somme, dans le cadre de la gouvernance d'entreprise, le conseil d'administration doit adopter une approche holistique et équilibrée, en tenant compte non seulement des considérations financières mais aussi des impacts sociaux, environnementaux et stratégiques. La transparence, la diligence et l’engagement avec toutes les parties prenantes seront cruciaux pour naviguer cette période difficile et assurer un avenir durable pour les employés et les communautés affectées.
Article original
Le groupe sidérurgique Ascometal France, mis en vente par le suisse Swiss Steel, a annoncé avoir reçu des offres de reprise pour l’ensemble de ses cinq sites. Les 1 200 salariés du groupe sidérurgique Ascometal France qui avait annoncé, mercredi, être placé en redressement judiciaire après l’échec de son projet de vente de trois de ses sites de production et de son centre de recherche au groupe italien Venete, vont peut-être pouvoir envisager l’avenir avec plus de sérénité. Le groupe sidérurgique spécialisé dans des métaux notamment destiné à l’automobile vient d’annoncer des offres de reprise pour l’ensemble de ses sites. Après les précédents redressements de 2014 et 2017, c’est la troisième fois en dix ans qu’Ascometal fait l’objet d’une telle procédure. « La société rencontre des difficultés et a des besoins importants de financement. Il faut pouvoir continuer à investir dans l’outil industriel dans le contexte d’un marché de l’acier européen en crise », avait expliqué un porte-parole de l’entreprise. Le « cluster automobile » d’Ascometal est composé de trois des cinq sites de production français du groupe, à Hagondange (Moselle), Custines (Meurthe-et-Moselle) et au Marais (Loire), spécialisés dans la fabrication d’aciers spéciaux de petits diamètres de moins de 80 mm, à destination principalement de l’industrie automobile, ainsi que du Centre de recherche sur les aciers spéciaux d’Ascometal (Creas) à Hagondange. En 2018, le groupe suisse Schmolz&Bickenbach (rebaptisé Swiss Steel en 2020) avait repris cinq sites d’Ascometal (Hagondange, Custines, Marais, Fos-sur-Mer et Dunkerque, mais pas l’usine d’Ascoval, à Saint-Saulve dans le Nord) qui comptaient alors 1 350 salariés. Le groupe avait annoncé vouloir vendre et cherchait également à se séparer des deux autres sites d’Ascometal France, à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et Dunkerque (Nord) qui produisent des aciers de plus gros diamètre. Parmi ces offres, l’italien Acciaierie Venete, qui s’était manifesté en décembre avant de se retirer, propose à nouveau de reprendre le « cluster automobile » du groupe français, qui occupe environ 700 salariés en Lorraine et au Marais (Loire), a expliqué un porte-parole d’Ascometal. Cette nouvelle proposition de Venete porte sur le même périmètre que lors de sa première offre, à savoir trois des cinq sites de production français du groupe, à Hagondange (Moselle), Custines (Meurthe-et-Moselle) et au Marais (Loire), ainsi que le Centre de recherche sur les aciers spéciaux d’Ascometal (Creas) à Hagondange. Le site de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), fait l’objet quant à lui d’un projet de reprise par ses salariés, déjà annoncé jeudi, ainsi que d’une offre d’un autre industriel italien, Marcegaglia, qui ne porte que sur une partie de l’activité et des salariés. Le site emploie environ 330 personnes. « Notre volonté est d’assurer un plan de continuation de l’activité avec l’ensemble des salariés », avait assuré, jeudi, lors d’une conférence de presse, jeudi, le secrétaire général de l’union départementale des Bouches-du-Rhône de la CGT Olivier Mateu. Ce projet porté par la CGT nécessiterait un financement à hauteur de 150 millions d’euros, qui devrait être apporté par l’État et la Banque publique d’investissement (BPI). Cette reprise donnerait lieu à une gouvernance partagée transitoire, incluant des représentants des salariés ainsi que le préfet de région, le maire de Fos-sur-Mer et un député de la circonscription. Enfin, l’usine de Dunkerque, qui emploie 170 personnes, fait l’objet d’une offre de la part de l’espagnol Sidenor, qui s’était proposé en 2017 pour reprendre l’ensemble de l’entreprise. Toutefois, toutes ces offres s’accompagnent de conditions suspensives, a souligné le porte-parole de l’entreprise alors que la justice s’est donné jusqu’à fin juin pour désigner le ou les repreneurs. « L’enjeu des prochaines semaines c’est de lever ces conditions suspensives mais aussi d’obtenir des améliorations de ces offres concurrentes », a expliqué le porte-parole d’Ascometal.
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