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Atos, ex-joyau de la tech française

Atos, ex-joyau de la tech française, plombé par une dette abyssale malgré son rôle clé pour les JO 2024, reçoit des offres de sauvetage controversées
Lecture Blueboard sous l'angle du Conseil d'administration - 01/06/2024
1. Gouvernance d'entreprise et Conseil d'administration
Le conseil d'administration (CA) d'Atos se trouve face à une situation critique nécessitant des décisions stratégiques de grande envergure. La réception de quatre offres de sauvetage, dont une déjà écartée, indique que le CA doit évaluer les propositions restantes en tenant compte à la fois des intérêts financiers et de la pérennité de l'entreprise. La capacité du CA à prendre une décision éclairée d'ici fin mai 2024, en vue d'un accord final en juillet 2024, sera un test crucial de sa compétence, de sa diligence et de sa capacité à gérer des crises.
2. Restructuration et Stratégie d'entreprise
L’entreprise doit envisager des solutions de restructuration diversifiées, incluant des injections de liquidités, des conversions de dettes en actions, et des effacements partiels ou totaux de dettes. La solution retenue doit non seulement alléger la dette de 5 milliards d'euros, mais aussi répondre aux besoins immédiats de liquidités à hauteur de 1,1 milliard d'euros pour 2024-2025. Le CA doit formuler une stratégie qui équilibre réduction de la dette, maintien de la valeur pour les actionnaires et continuité des opérations.
3. Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et Durabilité
La gouvernance d’Atos doit également intégrer des considérations de RSE et de durabilité dans ses décisions. En tant qu’acteur majeur de la technologie, Atos doit veiller à ce que sa stratégie de restructuration prenne en compte des éléments de durabilité économique, environnementale et sociale. La solution choisie devrait refléter non seulement une stabilisation financière mais aussi un engagement envers les pratiques de RSE.
4. Rôle de l'État et Activités Souveraines
L'implication de l'État français montre l'importance stratégique d'Atos, particulièrement en vue des Jeux Olympiques de Paris 2024. Sanctuariser les activités souveraines d'Atos est une priorité nationale, ce qui influencera certainement les décisions du CA. Les discussions engagées avec l'État pour acquérir ou sécuriser ces activités stratégiques doivent être menées avec prudence afin de garantir à la fois les intérêts nationaux et ceux de l'entreprise.
5. Communication et Relations avec les Parties Prenantes
Un aspect crucial sera la communication transparente avec les parties prenantes : actionnaires, créanciers, employés, clients et l'État. La dilution massive des actionnaires actuels est une conséquence probable, ce qui pourrait entraîner des tensions. Le CA doit gérer ces relations avec soin, expliquant clairement les raisons des choix et les bénéfices à long terme pour tous les acteurs concernés.
6. Impact à Long Terme et Vision
La décision sur la restructuration influencera profondément l’avenir d’Atos. Le CA doit non seulement solutionner les problèmes financiers à court terme mais aussi aligner la restructuration sur une vision à long terme qui positionne Atos comme un leader résilient et innovant dans le secteur technologique. La préparation aux Jeux Olympiques de Paris 2024 est une opportunité de démontrer cette capacité tout en naviguant les défis financiers présents.
Conclusion
Le CA d’Atos est au cœur d’une période de transformation critique. Sa capacité à naviguer entre les contraintes financières, les attentes des parties prenantes et les impératifs stratégiques déterminera l’avenir de l’entreprise. Les décisions prises devront non seulement résoudre les problèmes immédiats mais aussi positionner Atos de manière durable et responsable dans le paysage technologique mondial.
Article original
L’ex-fleuron informatique de la « French Tech » qui croule sous les dettes vient de recevoir ce lundi quatre offres de sauvetage pour sa restructuration financière mais en a déjà écarté une. Atos, l’ex-fleuron de la « French Tech » qui doit être l’un des piliers technologiques des Jeux de Paris cet été, avait annoncé la semaine passée avoir besoin de 1,1 milliard d’euros de liquidités pour son activité en 2024-2025. Il avait dit vouloir aussi réduire sa dette de 3,2 milliards d’euros qui avoisine, actuellement, les 5 milliards. Le conseil d’administration a annoncé avoir reçu quatre offres pour la restructuration financière de l’entreprise. Ces offres émanent d’un groupe d’actionnaires et de créanciers de l’entreprise, du fonds d’investissement Bain Capital, de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky (un temps en discussions pour racheter une partie d’Atos avant de voir les négociations être rompues en février) allié au fonds Attestor et, enfin, de Onepoint, le premier actionnaire du groupe en consortium avec la société d’investissement de l’homme d’affaires Walter Butler. « Le conseil a décidé avec la direction du groupe, et après alignement avec la conciliatrice Hélène Bourbouloux, de ne pas poursuivre les discussions avec Bain Capital, car la proposition soumise ne répondait pas aux objectifs déclarés de la société de prendre en compte l’ensemble de son périmètre », a fait savoir Atos. Les autres propositions qui n’ont pas été détaillées vont être étudiées avant la fin mai, en vue de parvenir à un accord final de restructuration financière d’ici juillet 2024. Selon des rumeurs, ces offres seraient très divergentes. Les créanciers d’Atos seraient prêts à injecter immédiatement 1,2 milliard d’euros pour apporter un bol d’oxygène au groupe pour 2024 et 2025. Ils pourraient aussi transformer une partie de leur dette en action et s’associer avec des repreneurs à condition que la dette ne soit pas totalement effacée. De son côté, Daniel Kretinsky serait prêt à effacer 4 milliards de dette. Enfin, OnePoint souhaiterait conserver l’ensemble d’Atos et annuler de l’ordre de 3 milliards d’euros de dette. Le groupe prévient toutefois que la solution trouvée devrait entraîner « des changements radicaux » dans sa structure de capital avec l’émission de nouvelles actions, ce qui entraînerait une « dilution massive » de ses actionnaires. Autrement dit, ils verraient la part qu’ils détiennent de la société fondre drastiquement. 🗣️ Atos : "Nous avons manifesté notre intérêt pour acquérir toutes les activités souveraines d'Atos. L'objectif c'est que les activités stratégiques restent sous le contrôle exclusif de la France."@BrunoLeMaire, ministre de l’Économie, invité de @DariusRochebin ⤵️ pic.twitter.com/4WuRxQNNdE En attendant, ces trois offres sont en tout cas compatibles avec la lettre d’intention de l’État visant à sanctuariser les actifs souverains, indique Atos. Dans le même temps, Atos a annoncé avoir engagé avec l’État des discussions, après que le gouvernement a révélé la semaine dernière vouloir acquérir les activités souveraines de l’entreprise ou faire entrer des entreprises françaises pour les sécuriser. Dans l’entreprise, les activités souveraines concernent notamment les supercalculateurs utilisés pour la dissuasion nucléaire ou dans la cybersécurité.
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